Présidentielle 2015:Les raisons de la victoire de Roch Marc Christian Kaboré

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Posted on by B_Demain

Après le premier tour de la présidentielle, le candidat du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Roch Marc Christian Kaboré est arrivé largement en tête, avec 53, 49 % des suffrages exprimés. Une victoire nette et sans bavure.
MPP

On peut expliquer cette large victoire par la popularité de l’homme. Roch Marc Christian Kaboré était déjà un homme populaire, lorsqu’il était dans le régime Compaoré et il le fut plus encore après avoir claqué la porte du CDP, le parti de Blaise Compaoré.

Le deuxième facteur, il a récupéré une grande partie de l’appareil politique du CDP, notamment Salif Diallo et Simon Compaoré. Le premier est un homme au grand cœur qui fait l’unanimité dans plusieurs cercles; le second est un homme du peuple, influent dans la capitale politique du pays.

De fait, le MPP, le parti de Roch, est devenu en quelque sorte un « CDP bis » sur le plan organisationnel et sur le plan des moyens financiers. Ce fut de loin le parti le plus riche et le plus présent sur le terrain.
Le troisième facteur, c’est peut-être le fait que la classe politique ne s’est pas régénérée pendant cette transition. La révolution a été menée par la société civile qui avait choisi de ne pas faire de politique ensuite, et c’est tout à son honneur, mais le revers de la médaille, c’est qu’aucun homme neuf ou aucun leader incarnant cette révolution de 2014 n’a émergé et le champ a donc été laissé libre au parti traditionnel.

Sur les 14 candidats, les deux premiers recueillent près de 85% des voix. Les électeurs ont voté utile, et les votes ne se sont pas dispersés, ce qui a bien entendu facilité la victoire au premier tour pour Roch Kaboré.

Enfin, on peut aussi citer des phénomènes sociologiques ayant trait à la mentalité des peuples. Roch était déjà depuis des années dans la peau du dauphin de Blaise Compaoré avant de rompre avec lui et il y a, notamment dans les campagnes, une forme de légitimisme qui conduit à voter pour celui que l’on connaît le mieux ou celui qui incarne les habitudes sociales et politiques.

Anderson Koné
Source RFI

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