Que Roch, Salif et Simon n’oublient pas les cadres qu’ils ont écrabouillé sous l’ère Compaoré

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Posted on by B_Demain

Le pays des hommes intègres respire de nouveau. Il renoue avec l’ordre constitutionnel normal, depuis l’élection du président du Faso, celle du président de l’Assemblée nationale et la nomination du premier ministre. L’accouchement fut douloureux et éprouvant, si fait que l’on se plait à rêver de lendemains nettement meilleurs.

Salif Diallo

Salif Diallo

Aujourd’hui, les Burkinabè peuvent se targuer d’avoir un chef d’Etat digne de ce nom, Roch Kaboré. Il remobilise leur désir d’avenir. Pas seulement, ils ont porté un grand homme à la tête de l’Assemblée nationale, Salif Diallo. Un homme de conviction, de foi et de vertus, qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Derrière ces deux hommes d’Etat qui ont assurément fait les beaux jours du régime Compaoré se cache un autre apparatchik, Simon Compaoré. Lui, c’est un grand baroudeur; un infatigable battant qui se défonce sans compter.

On ne cessera jamais de le dire, ce trio, aussi bien comptable de la gestion chaotique du régime Compaoré, incarne tous les espoirs du Burkina Faso. Ils sont des millions de femmes et d’hommes repartis à tous les vents qui fondent leurs espoirs sur eux. Ils espèrent que le trio changera bien de choses dans cet Etat pour en faire véritablement un pays intègre, respectueux des droits des orphelins, des veuves, en un mot, des sans voix. Pour qu’enfin le slogan « Plus rien e sera comme avant » dévoyé par les autorités de la Transition ait un sens.
Pour ce faire, ils doivent faire montre de cohésion, d’entente et de compréhension, en tirant surtout des enseignements de la gestion de leur ex-mentor, Blaise Compaoré. De la sorte, ils feront mordre la poussière à toutes les mauvaises langues qui tendaient à faire croire qu’ils ne filaient plus le parfait amour. Il serait de bon ton qu’ils donnent à la communauté des Burkinabè la preuve du contraire. Car s’ils échouent, c’est le peuple aussi qui aura échoué.

Simon Compaoré, maire de Ouaga pendant 17 ans, est familier des Burkinabè et des partenaires du Burkina

Simon Compaoré, maire de Ouaga pendant 17 ans, est familier des Burkinabè et des partenaires du Burkina

Ainsi conviendrait-il qu’ils ne laissent aucun Burkinabè sur le carreau. Pour la formation de l’équipe gouvernementale et les nominations à la tête des institutions, ils gagneraient à recourir à toutes les forces, sans discrimination aucune. Au besoin, ils pourraient faire appel à des compétences qui les ont combattues, même dans un passé récent.
On voudrait bien voir une équipe composite, avec des jeunes, des femmes, des personnes vivant avec un handicap et des anciens. A priori, les jeunes sont débordants d’énergie, enthousiastes et volontaristes et les anciens, expérimentés, sages et méticuleux. Un savant dosage de toutes ces forces permettra assurément au trio de gagner en efficacité.
Cela étant, nous souhaitons et de tout notre cœur, qu’il se garde de faire appel aux anciens qui sont admis à la retraite. Avec eux, tous ceux qui se sont négativement illustrés sous l’ère Compaoré, mais aussi et surtout ceux qui se sont correctement empiffrés sur le dos des pauvres contribuables qu’ils n’ont de cesse nargué et méprisé.

C’est un secret de polichinelle, le MPP compte des hommes et des femmes valeureux qui se sont battus depuis toujours, en l’occurrence l’époque du CNR, de l’ODP/MT et du CDP, mais qui malheureusement n’ont pas été récompensés à la mesure de leur engagement. Pour une raison ou une autre, ils avaient été mis au garage pour leurs idées, alors qu’ils avaient tout sacrifié pour l’idéal révolutionnaire et socialiste. Ces derniers, n’ayant pas tardé à rejoindre les rang du MPP, sont pour la plupart déplumés, de nos jours. Pourtant, ils sont à deux quilles de la retraite. Il conviendrait alors de les mettre à l’épreuve.

Leurs espoirs sont immenses et ils vivent de nouveau. Ils croient dur comme fer à un réel changement de cap. Ils mordent d’ impatience de partager leur savoir-faire, savoir faire faire et savoir être aux jeunes cadres qu’ils se plairaient à encadrer à la satisfaction totale du trio.
Le triumvirat a donc intérêt à ne pas les oublier. Sinon, il ferait à son tour des mécontents. De même ne devrait-il pas verser dans des opérations cosmétiques de charme, ponctuées de slogans stériles qui rappelle l’ère Compaoré et la transition de Zida.

Au cas où un d’entre eux, Roch, Salif et Simon, viendrait à se laisser aguicher par les sirènes du clientélisme, du népotisme, de l’affairisme, les autres devraient avoir le courage de se démarquer, en l’écartant au besoin. Si cela devrait passer par des élections anticipées législatives ou présidentielle, ils ne devraient pas hésiter.
En cela, ils peuvent compter sur le vaillant peuple du Faso, le dernier rempart, qui a déjà administré la preuve de son aspiration au bonheur, en se soulevant le 3 janvier 1966 et les 30 et 31 octobre 2014.

Anderson Koné

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