Ouaga : un voleur pris en flagrant délit en pleine journée !

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Posted on by B-Demain

Tous les jours pour le voleur et un jour pour le propriétaire, dit l’adage. Et c’est ce qui s’est exactement passé ce samedi matin à la rue Saint Camille Lellis aux 1200 logements de Ouagadougou. Après plusieurs opérations de vol réussies dans le quartier qu’il écumait régulièrement, ce voleur, un certain «Mamadou AntéBa», c’est ainsi qu’il s’est présenté à la police, s’est fait prendre la main dans le sac et n’avait plus que ses yeux pour pleurer à chaudes larmes.

Pris la main dans le sac, il n’avait que ses yeux pour pleurer

Jamais, les habitants de la rue Saint Camille Lellis aux 1200 logements de Ouagadougou n’oublieront de sitôt ce qui s’est passé en cette matinée du samedi 22 juillet 2017. Alors que certains étaient encore dans leurs lits et d’autres venaient de se réveiller, l’on entend ‘’au voleur’’, ‘’au voleur’’. Rapidement, l’étau se resserre autour du présumé voleur en question. Il est pris en flagrant délit de vol alors qu’il tentait de parachever ce qu’il avait apparemment  entamé dans la nuit ou au petit matin, peut-être surpris par le lever du jour ou encore empêché d’aller au bout de son action par un habitant, un passant. En fait il tentait de prendre une balle de marchandises qu’il avait laissée sur  le mur de la cour dans laquelle il avait opéré. Un mur qui donne sur la rue.

Comment il a été pris la main dans le sac

Attroupement autour du voleur

Voici les faits tels que recueillis sur place. Quand Odile Nombré s’est levée ce samedi matin, son attention est attirée par la présence suspecte  d’un sac sur le mur d’une maison voisine. Elle n’est pas la seule à faire la remarque. Un gardien du coin a également vu le sac. Ils en parlent et décident de veiller au grain pour savoir qui viendra le récupérer, ce d’autant plus que le locataire de la maison, un chinois de Pékin, Xiao Zhi Hong, n’habite pas la maison où sont entreposées ses  marchandises. Ils sont donc aux aguets. Nous sommes aux environs de 8 h du matin. Alors arrive sur les lieux notre présumé voleur.  Il gare son vélo et fait semblant de fouiller dans la poubelle devant la cour du chinois. Mme Nombré et le gardien font semblant aussi de ne pas l’observer. Croyant que l’on ne prêtait pas attention à ses faits et gestes, le voleur, après un coup d’œil à gauche et à droite, respire un coup et se saisit du sac sur le mur et le fait descendre. Et ce qui devrait arriver, arriva. Il est pris la main dans le sac. Rapidement un attroupement se forme autour de lui  et tous les passants sont obligés de s’arrêter pour comprendre ce qui se passe. Au fur et à mesure que le temps passe, le monde des badauds grossit. Malgré les faits évidents, il tente de nier, pleurant à grosses et chaudes larmes comme savent le faire les voleurs en pareilles circonstances. Heureusement pour lui, qu’on était dans un quartier qu’on dirait civilisé. A part quelques coups reçus, il n’a pas risqué gros pour sa vie. Certains habitants avaient pris pitié pour lui et souhaitaient même qu’on le relâche. Finalement l’option de faire appel à la police a prévalu.

Il se faisait passer pour un mendiant

Le locataire chinois assure avait perdu au total trois balles de marchandises. Le voleur nie avoir pris les deux autres sacs que l’on ne voit pas. Le gros sac qu’il tentait de récupérer contenait des sacs. En y fouillant, l’on découvre un portable qui appartient à un étudiant, Bourgou, dans une cour voisine. «Donc, c’était lui », s’est-il exclamé. L’étudiant assure aussi avoir perdu une radio et un petit sac contenant une attestation de diplôme. Ces éléments aggravants ont suffi à convaincre les habitants que c’était lui qui écumait le quartier chaque nuit. Et Mme Nombré de faire ce témoignage édifiant : «Il y a quelques jours, il est venu ici se faisant passer pour un  mendiant. Je lui ai remis 500 F CFA en le mettant en garde de repasser par-là. Parce que je me disais qu’il pouvait être un voleur. Quand je l’ai observé, j’ai constaté des marques de menottes sur ses mains. Ce qui vient de se passer, prouve que je n’avais pas tort. Il est vraiment dangereux ce monsieur. La nuit dernière, on n’a même pas dormi à cause des aboiements des chiens».

«Mamadou Antéba», son nom

La police est venue l’embarquer manu militari

Quand les éléments de  la police sont finalement arrivés sur les lieux aux environs de 8 h 20, ils ont d’abord entendu des habitants du quartier sur ce qui s’est passé. Ensuite ils sont passés à l’interrogation du voleur. Malgré l’évidence des faits, il tente de toujours nier. Sur le portable volé il tenta d’embobiner les policiers, en disant qu’il l’a payé avec quelqu’un. Face ces mensonges, un des éléments de la police n’a pas pu retenir sa main et une gifle est partie. Sur ce, notre présumé voleur, «Mamadou Antéba», c’est le nom qu’il a donné, a été embarqué manu militari, direction : commissariat central de la police de Ouagadougou. C’est là que devrait se poursuivre l’enquête policière. Le voleur semblait ne pas parler le mooré. Quand les habitants du quartier lui parlaient, il ne faisait que nier en dioula en terminant à chaque fois par l’évocation du nom de Dieu «Na là».

Philippe Martin

Burkina Demain

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