Hommes de tenue et de média de nouveau réunis par la préoccupation sécuritaire

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Posted on by B-Demain

Après la discorde consécutive à l’incident de Kaya où un journaliste avait été agressé par un gendarme de la garde présidentielle, journalistes et éléments de forces de défense étaient réunis vendredi dernier à Ouagadougou dans le cadre d’une formation sur la problématique de l’information dans un contexte de terrorisme. Renforcer les capacités des hommes et femmes de médias pour un traitement efficient de l’information dans le contexte de terrorisme, tel était l’objectif principal cette formation organisée par le Conseil supérieur de la communication (CSC).

Le présidium à l’ouverture de la formation, au milieu, Prosper Vokouma

Dans un contexte de crise sécuritaire, il est bon que les journalistes soient outillés et s’approprient les bonnes techniques de l’information. C’est dans cette perspective que le CSC a tenu cette formation d’une journée au profit des journalistes de la région du Centre.

Le vice-président du CSC, Prosper Vokouma, dira dans son allocution d’ouverture que « cette formation se veut un cadre d’échange sur les bonnes pratiques à adopter pour un meilleur traitement de l’information ». Les médias doivent redoubler plus d’efforts et se distinguer par un traitement plus professionnel de l’information pense t-il.

Pour y arriver, quatre communications ont constitué l’ossature de cette formation. La première, livrée par Jean Paul Toé, Juriste et directeur de l’observation des médias et des études au CSC a porté sur « le traitement de l’information liées aux questions sécuritaires : cas du terrorisme ».

« La publicité est l’oxygène du terroriste »

Jean Paul Toé a expliqué aux journalistes qu’ils doivent éviter dans la divulgation de l’information de présenter le terroriste comme « une star ou un héro ». Le terroriste se nourri de la publicité. Il faut éviter de lui accorder une attention particulière déconseille t-il car « La publicité est l’oxygène du terroriste ».

L’homme de droit a rappelé les limites à la liberté de la presse dans le cas du terrorisme. Par exemple les informations donnant la position des forces de défenses et leurs armes, celles indiquant la présence de personnes cachées ou retranchées, la diffusion de l’assaut etc.

La deuxième communication était celle du capitaine Bertrand Dakissaga, de la direction de la communication et des relations publiques des armées. Elle a concerné « les informations à caractères stratégiques ».

Pour lui la qualification « grande muette » attribuée à l’armée est aujourd’hui battue en brèche. Il affirme que « l’armée communique de plus en plus maintenant, et vous le savez ». Toutefois, il fait observer qu’il existe des informations que l’armée ne pourrait donner à la presse car elles sont sensibles et les divulguer peut nuire à la nation. Il a donné les définitions d’information à caractère stratégique, sensible, secret défense. Des définitions que les journalistes ont eu du mal à comprendre. Cela serait fait exprès par le législateur estime le communicateur.

Les journalistes, des acteurs incontournables dans la lutte antiterroristes

En ce qui concerne la troisième communication, elle à été donnée par le directeur de la communication et des relations publiques de la gendarmerie nationale, le capitaine Guy Hervé Yé. Elle a porté sur « médias et Forces de défense et de sécurité : quelle collaboration pour la consolidation de la paix sociale ».

Selon lui, pour le bien des populations, la collaboration entre les deux entités est primordiale malgré les difficultés rencontrées. Il a invité les journalistes à plus d’égard face aux forces de défense dans l’exercice de leur fonction. Pour lui ce n’est pas un mépris lorsqu’un journaliste s’adresse à un agent de sécurité et que ce dernier n’arrive pas à lui donner les réponses souhaitées. Mais plutôt que « nos forces se doit d’observer un devoir de réserve ».

« Médias, religion et terrorisme : pratiques et défis » est la dernière communication qui a mis fin à cette journée. Elle a été donnée par le Dr Oualilaï Kindo de l’Office national des faits religieux (ONAFAR).

Il a démontré que les médias occupent une position délicate entre les terroristes et les pouvoirs publics. Selon lui, les journalistes ont une grande «responsabilité face à la récurrence des actes terroristes et l’efficacité des stratégies de lutte antiterroriste ».

Ces différentes communications ont été enrichies par les échanges avec les journalistes.

Joachim Batao

Burkina Demain

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