Directive CEDEAO sur les ouvrages hydrauliques:Société civile et médias outillés s’engagent pour la mise en œuvre

Posted on by B-Demain

Ouagadougou a abrité ce mardi, 12 septembre 2017 un atelier de sensibilisation et de formation des journalistes et des membres des organisations de la société civile sur la directive CEDEAO relative à la réalisation d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest. Cette initiative de l’ONG Eau Vive Internationale et de ses partenaires Global Water Initiative (GWI) et de l’Union international pour la conservation de la nature (UICN), avait pour but essentiel de doter les hommes de média et les OSC de connaissances leur permettant de jouer leur rôle  de relai d’information des populations et de veille ou de plaidoyer en vue de l’application effective d’ici les trois ans à venir de la présente directive CEDEAO.

Le présidium à l’ouverture de la formation

La première communication a permis d’éclairer les participants sur le processus d’élaboration et d’adoption de la Directive, sur son contenu et ses enjeux aux plans social, économique et environnemental. En effet, selon le Pr Amidou Garané, professeur de droit à l’université Ouaga II, la CEDEAO avait initialement élaboré « les lignes directrices ». Mais ces lignes directrices n’avaient pas de base juridique en tant que tel. C’est pourquoi, les ministres ouest-africains des infrastructures hydrauliques ont transformé ces lignes directrices en la Directive CEDEAO en juin 2017.

Cette Directive oblige désormais les Etats-membres au respect des normes environnementales, économiques et sociales requises pour la réalisation des grands ouvrages hydrauliques dans l’espace CEDEAO. Aussi, la Directive CEDEAO stipule que les populations locales doivent être intégrées dans la prise des décisions et leurs préoccupations prises en charge avant de commencer à réaliser tout ouvrage hydraulique de grande envergure.

C’est pourquoi elle ordonne aux différents Etats de réparer les préjudices et injustices commis envers les populations dans le passé lors de la réalisation des différents grands ouvrages hydrauliques. Et les Etats-membres disposent de trois (03) ans pour se conformer à ces nouvelles dispositions.

Expériences et leçons partagées

D’autre part, plusieurs autres interventions ont également permis de partager les expériences et leçons tirées de barrages en Afrique de l’Ouest, et notamment de celui de Bagré, l’évolution des études d’impacts environnementales dans la réalisation des barrages, mais aussi les défis liés à la mise en œuvre de la Directive. Ainsi, le cas de Bagrépôle est un exemple qui correspond parfaitement à la Directive, selon Etienne Kaboré, directeur de la valorisation économique de Bagrépôle. En effet, ces études, ont permis uneestimation  à hauteur de sept (07) milliards de francs CFA d’indemnisation. A ce jour, ce sont plus quatre (04) milliards qui ont été déjà déboursés. Toutefois, des défis liés à la mise en œuvre de la Directive sont énormes.

Des engagements ont été pris à l’issue de la formation pour une mise en oeuvre effective de la directive régionale d’ici à 3 ans

Les travaux de cet atelier ont par ailleurs permis d’identifier un certain nombre d’actions de veille, de plaidoyer et d’informations à mettre en œuvre par la société civile et la presse et de formuler quelques recommandations à l’endroit des partenaires et des Etats, notamment aux ministères de l’eau et de l’agriculture afin de s’approprier la directive et de proposer des projets de lois et de règlementation relativement à la Directive CEDEAO.

Les cérémonies d’ouverture et de clôture ont été présidées par le député Emmanuel Lankoandé, représentant du réseau des parlementaires burkinabè pour l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement (REPHA) et ont connu la présence d’imminentes personnalités dont le directeur pays d’Eau Vive Internationale Bouraima Zakari, ainsi que du maire de Bagré et du 1er adjoint au maire de Bama, les représentants des OSC et des journalistes.

Mathias Lompo

Burkina Demain

les officiels se prêtant aux questions de la presse après l’ouverture de la formation

Les acteurs de la formation posant pour la postérité

 

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