Comment la gendarmerie burkinabè a refusé de se faire embarquer dans une affaire de Face….

Posted on by B-Demain

Des citoyens burkinabè zélés, l’on en trouve encore dans ce Burkina post-insurrectionnel. C’est le cas de ce jeune Ouagalais qui est tombé, en navigant sur Facebook, sur une publication critique sur le président Roch Marc Christian Kaboré et son régime. Il décida d’en faire une affaire personnelle et se précipita dans la gendarmerie la plus proche pour formuler une plainte contre l’auteur de la publication.

Les gendarmes qui ont reçu ce citoyen apparemment plus ‘’rochiste’’ que les ‘’rochistes’’ l’ont écouté attentivement jusqu’au bout. Ils ont tout de suite compris le risque qu’ils couraient vis-à-vis de l’opinion publique s’ils se lassaient embarquer dans cette affaire de publication sur Facebook contre le président Kaboré et son pouvoir. Mais, ils décident de ménager leur interlocuteur pour ne pas le frustrer. Ils lui expliquent alors gentiment qu’ils ne s’occupaient pas de ce genre d’affaires.

Et de lui recommander la justice s’il tenait absolument à faire une plainte contre l’internaute. Or, tout le monde sait bien que le processus judiciaire peut bien démarrer à la gendarmerie qui l’un des bras opérationnels de l’appareil judiciaire. Le citoyen en question l’a lui aussi compris et a préféré renoncer à son initiative qui lui aurait peut-être permis de taper dans l’œil bienveillant du président du Faso et de son entourage.

Mais, pour lui, la déception était quand même grande puisqu’avant de se rendre à la gendarmerie il avait promis à des camarades médusés, qu’il allait faire regretter à l’internaute son crime de lèse-président. Mais, de quoi s’agit-il au juste  ?

Ce que l’internaute a écrit et qui dérangeait le citoyen

En substance, voici ce qu’a écrit l’internaute et qui a apparemment choqué le citoyen désireux de porter plainte :

«Le Burkina au bord du gouffre

Roch n’est pas entouré d’incompétents, c’est lui-même le principal incomp… ! Je suis trop déçu par sa gestion du pouvoir, après avoir vécu l’insurrection avec le peuple. A la prochaine insurrection, je crains fort que les Burkinabè ne fassent pire que le Rwanda. Les ressentiments sont forts, la déception est trop grande. Comment fait-il pour se boucher à la fois les oreilles, les yeux, la bouche et le cœur ? Cet homme a un incroyable talent dans l’immobili… et l’incomp… Puisse Dieu leur venir en aide, lui et son clan, le jour où la colère du peuple grondera… »

Post peut- être osé mais…

Le post en question est peut-être osé mais ce n’est pas nouveau dans le ciel burkinabè. Les charges de l’ancien ministre de la culture, Tahirou Barry, à sa démission du gouvernement, ne sont pas très éloignées de ces propos de l’internaute, même si Barry n’est pas allé jusqu’à la comparaison avec le Rwanda. Laurent Bado, président du PAREN a prédit aussi le pire pour le régime Kaboré si la gestion du pays ne changeait pas. Mais, ces personnages publics qui se sont exprimés dans des médias, n’ont jamais fait l’objet de poursuite judiciaire. Où était notre citoyen quand Barry et Bado s’exprimaient au vu et au su de tout le monde ? Si eux ils peuvent s’exprimer sans être inquiétés, l’internaute peut s’exprimer aussi sans être inquiété. La liberté d’expression doit être la même pour tout le monde. C’est bien inscrit dans notre Constitution.  En cela, on pourrait dire que les gendarmes ont su se montrer garants de notre loi fondamentale en refusant de s’engager dans une initiative à la limite partisane.

Christian Tas

Burkina Demain

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