Grève des syndicats du MINEFID : Soutien déclaré de la CGT-B !

Posted on by B-Demain
La Confédération générale du travail (CGT-B) soutient le mouvement de grève des syndicats du Ministère de l’économie, des finances et du développement (MINEFID). C’est la teneur de la présentation déclaration du Collectif  CGT-B. Lisez !

Bassolma Bazié, secrétaire général de la CGT-B, apporte le soutien de sa confédération aux syndicats en grève du MINEFID

«DECLARATION

Camarades Secrétaires généraux des syndicats membres de la coordination des syndicats du MINEFID ;

Camarades membres des bureaux nationaux des syndicats membres de la coordination des syndicats du MINEFID ;

Camarades militantes et militants des syndicats membres de la coordination des syndicats du MINEFID,

Je prends la parole en ce premier jour de votre grève de quarante-huit (48) heures pour vous adresser le message de soutien du collectif syndical CGT-B. Je voudrais avant tout propos vous exprimer la solidarité agissante du collectif syndical CGT-B et vous encourager dans la juste lutte que vous avez engagée pour exiger la résolution de votre plateforme articulé autour des points que je cite : «
1. le respect des engagements des autorités par la reconduction du check off au MINEFID unilatéralement suspendu ;
2. la restauration de la dotation du carburant de fonctionnement aux agents, supprimée par Arrêté n°2017-541/MINEFID/CAB du 26 décembre 2017 ;
3. la mise en œuvre intégrale de tous les accords conclus entre nos différentes organisations et le Gouvernement ;
4. le relogement des travailleurs du MINEFID dans le bâtiment R+4 du MINEFID ;
5. l’arrêt des réformes entreprises au sein du MINEFID sans l’adhésion des travailleurs ;
6. la résiliation des contrats de vérification des importations avec les sociétés privées ;
7. l’adoption de statuts sécurisants pour le personnel du MINEFID ».

Camarades secrétaires généraux ;
Camarades militantes et militants,

Nous avons suivi hier soir un communiqué du gouvernement relatif à votre grève. En suivant ce communiqué, si on peut se réjouir du fait que le gouvernement ait engagé des discussions avec vos syndicats, on ne peut que s’indigner des menaces à peine voilées proférées par le gouvernement. En effet, après avoir indiqué qu’un préavis a été déposé et que les points de revendication contenus dans ledit préavis ont fait l’objet de discussions qui se seraient bloquées sur deux des points de la plate-forme, il a indiqué que « les absences non justifiées seront sanctionnées conformément aux dispositions réglementaires ».

Une telle annonce constitue une grave atteinte à la liberté syndicale notamment au droit de grève reconnu dans notre loi fondamentale, de même que par les conventions du BIT, ratifiées par notre pays.

Elle vient en contradiction flagrante avec le discours sur la disponibilité au dialogue social tant chanté par le gouvernement.

Le Collectif syndical CGT-B dénonce ce double langage et met en garde le gouvernement contre toute velléité de répression des travailleurs.
Camarades militantes et militants des syndicats membres de la coordination,
Nous observons que le gouvernement a orchestré une polémique à dessein sur la réforme du système de rémunération des agents publics de l’État et sur les fonds communs, en particulier ceux du MINEFID. Notre collectif, tout en vous rassurant de son soutien ferme, tient à souligner les positions suivantes sur les sujets qui font actuellement couler beaucoup d’encre et de salive :

-sur la question du dialogue social où le gouvernement veut faire comprendre à l’opinion que le mouvement syndical est radical, rappelons simplement que votre coordination a écrit au Premier Ministre depuis le 16 février 2016 par lettre numéro 2016-04/CS/MEF sans suite sur le dossier. Les centrales syndicales ont également interpelé la délégation gouvernementale le 05 juin 2016 sur les risques de dérapage dans la gestion dudit dossier. Il a fallu attendre l’imminence de la grève pour tenter des négociations les 28, 29 et 30 mars 2018 sur la question soit plus de deux ans après la lettre adressée au Premier Ministre. La remise en cause de façon unilatérale du check off par les Autorités du ministère qui n’a d’autre but que d’affaiblir vos organisations en les privant de ressources et en invoquant un décret que le gouvernement traîne à mettre en œuvre, est une preuve d’un manque de sincérité dans l’effectivité du dialogue social ;

-sur la question de la réforme du système de rémunération des agents publics de l’État, nous pensons que les autorités ne visent qu’un objectif : diviser les travailleurs, les opposer aux autres couches sociales afin de pouvoir remettre en cause leurs acquis historiques. Pour nous, la question qui mérite aujourd’hui d’être posée, et qui doit faire l’objet d’une conférence nationale, est celle de la bonne gestion des ressources de l’État.

Si le gouvernement veut trouver des solutions idoines aux maux qui plombent le développement du pays, il doit s’engager dans une réflexion globale sur la richesse nationale et sa gestion en incluant dans cette conférence nationale le règlement des questions sur la gestion des mines, du foncier, des « caisses noires », des fonds de souveraineté, des institutions budgétivores, des émoluments des autorités à tous les niveaux, du recouvrement des créances de l’Etat (cas des autorités qui doivent à la SONABEL, CARFO, CNSS et autres prêts) etc. Toute autre démarche relève de la diversion ;

-la question des fonds communs doit être abordée avec responsabilité et sérénité. Il n’est pas juste de les présenter comme l’entrave au développement du pays en ignorant les accords qui les ont mis en place et en n’engageant pas un débat franc sur la question, notamment avec les syndicats concernés. Du reste, comme l’a évoqué le journal L’ECONOMISTE DU FASO NUMERO 246 du lundi 02 au dimanche 08 avril 2018 à sa page 2, et 3ème colonne « C’est pour cela qu’il faut arrêter le lynchage des bénéficiaires des fonds communs comme s’ils les percevaient de façon indue ».

Notre collectif syndical CGT-B pense que les autorités sont actuellement mal inspirées de vouloir s’attaquer aux acquis des travailleurs du Burkina Faso en commençant par les fonds communs. Il invite l’ensemble des travailleurs et des populations à avoir une lecture sereine et profonde de l’attitude des Autorités quant aux velléités d’opposer les différentes couches sociales de notre pays.

Camarades secrétaires généraux ;
Camarades militantes et militants,
Le Collectif syndical CGT-B vous exhorte à rester mobilisés, unis et solidaires face aux tentatives engagées pour vous intimider et vous diviser.
Il appelle l’ensemble de ses militantes et militants sur toute l’étendue du territoire à soutenir la juste lutte de la coordination des syndicats du MINEFID ;

Vive le collectif CGT-B !
Vive la coordination des syndicats du MINEFID !
Vive la solidarité syndicale !
Je vous remercie de votre aimable attention !
Fait à Ouagadougou, le 04 avril 2018
Pour le bureau de la coordination nationale
du collectif syndical CGT-B»

Bassolma BAZIE,
Porte-parole du collectif CGT-B
Secrétaire Général Confédéral de la CGT-B

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