Affaire écoutes téléphoniques Bassolé-Soro : ‘’Les choses se compliquent pour l’accusation’’

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Posted on by B-Demain

L’analyse ci-après de Lassina Ko est relative à l’affaire des écoutes téléphoniques Djibril Bassolé-Guillaume Soro qui vient de connaître un nouveau développement avec le rapport de l’expert Allemand qui ne n’arrange pas, dit-il, « les choses pour l’accusation ».

Photo d'illustration de l'affaire des écoutes téléphoniques Djibril Bassolé -Guillaume Soro

Photo d’illustration de l’affaire des écoutes téléphoniques Djibril Bassolé -Guillaume Soro

«Affaire écoutes téléphoniques Bassolé /Soro : le rapport de l’expert Allemand est loin d’arranger les choses pour l’accusation.
Est-il nécessaire que l’on fasse un récit de présentation du dossier du Général de brigade Djibrill Bassolé arrêté pour son implication présumée dans le coup d’Etat du 15 septembre 2015. Laquelle arrestation a été faite sur la base de présumées écoutes téléphoniques ? Assurément non !

Mais jusque-là la nature de ces écoutes reste question à débat dans le dossier. A ce titre le juge d’instruction a saisi un expert Allemand pour expertiser les bandes sonores en question. Ce dernier a rendu son rapport le 14 décembre dernier. Il nous revient que le rapport de l’expert allemand Kunzel au sujet de l’authentification de ces bandes sonores prises comme des écoutes conclut qu’au plan acoustique les éléments sonores n’ont pas forcement été truqués, selon les méthodes d’analyse auxquelles il a fait recours. Ce dernier, aurait demandé à ce que l’on lui indique les points qui sont des trucages ou des montages afin qu’il puisse se prononcer. Le juge d’instruction a alors accordé 10 jours aux parties pour d’éventuelles contestations ou amendements.
Sans doute que les avocats de la défense s’attelleront à éclaircir ses points dans les 10 jours que le juge d’instruction leur a imparti pour exercer le droit de recours. Et ce, grâce à l’expertise, que ces derniers avaient menés auprès de l’expert français Norbert Pheulpin qui avait produit son rapport avec les détails concernant un certain nombre d’aspects qui lui avaient permis de conclure que les éléments sonores sont un grossier montage. D’ailleurs je crois que les conclusions de ce rapport pourront être aussi utilisées pour faciliter l’hypothèse d’une contre-expertise ou d’analyses complémentaires.
Mais avant tout, il faut noter qu’une mention très importante a été faite par l’expert Allemand dans son rapport. En effet, il ressort que l’élément sonore que le juge d’instruction militaire a transmis à l’expert Allemand a une fréquence qui ne correspond pas au standard téléphonique international pour mobiles GSM. En clair, selon ce que l’on attend l’expert précise que la gamme de fréquence de cet élément sonore correspond plutôt à la fréquence d’une transmission via internet. En outre il dit ignorer tout, des conditions dans lesquelles l’enregistrement a été effectué. En effet, l’expert déclare qu’il ignore si l’élément sonore est le résultat de l’interception d’un appel téléphonique ou le travail d’un esprit malin dans un studio. Une situation qui réconforte les avocats de la défense dans leur position ; eux qui ont toujours clamé l’illégalité et les origines douteuses de cet élément sonore présenté comme écoute téléphonique. On peut donc comprendre que, le rapport de l’expert Allemand prouve techniquement que l’enregistrement que le juge d’instruction militaire lui a envoyé n’est pas l’original d’une interception téléphonique classique et que sa bande fréquence indique que la copie (détenue sous scellé par le juge depuis plus d’une année) provient d’internet.
Dès lors les grandes interrogations relatives à l’origine et à la légalité de ces écoutes se posent aujourd’hui avec plus d’acuité : Qui est l’auteur de cet élément sonore pris comme enregistrement d’une écoute téléphonique ? Et qui effectivement comme l’indique l’expert, a été publié sur le net via les réseaux sociaux, et les médias depuis le 12 novembre 2015.
Ainsi, même si l’on se cache derrière l’hypothèse selon laquelle, techniquement, il n’est pas impossible que l’enregistrement en question provienne initialement d’une véritable conversation téléphonique. Cependant, du fait que l’expert n’a pu conclure quant à sa nature exacte, le seul moyen de résolution du conflit sur ces éléments sonores à l’étape actuelle reste la voix juridique à mon sens. Dès lors des interrogations s’offre à nous : Quelle est la fiabilité d’un enregistrement dont l’unique source connue est le net et dont l’on ignore la présence d’un original ? Peut-il être utilisé comme élément de preuve dans un procès surtout quand l’on sait qu’avec les nouvelles techniques de communication, toutes les manipulations sont possibles ?
Il nous revient dans le même temps, de sources proches du dossier, que l’expert a abandonné la comparaison de voix. On pourrait en déduire que le tribunal militaire ne voulait plus ramener Soro Guillaume dans le dossier à travers ce procédé d’authentification. En tout cas, des mêmes sources, la défense du Général Bassolé affirme que leur client n’a pas été sollicité pour un prélèvement de voix et n’a jamais refuser de coopérer avec la justice contrairement à ce qui avait été propagé dans la presse. Au vue, de tous ces éléments d’information, on constate que le rapport de l’expert Allemand est loin d’arranger les choses pour l’accusation. D’autant plus que le rapport de l’expert Allemand saisi par l’accusation elle-même n’est pas diffèrent de celui de l’expert saisi par la défense.
Pheulpin de la défense dit ceci de la bande : Celle-ci ne peut être présentée comme étant l’enregistrement intègre d’une interception téléphonique classique.
Kûnzel de l’accusation dit : L’enregistrement en question va de 100 Hz à 3700 Hz surpassant donc nettement le standard téléphonique international pour mobiles GSM (250 Hz à 3200 Hz).
Par deux procédés différents, les deux experts démontrent que les éléments sonores en question ne sont pas des écoutes téléphoniques authentiques en affirmant preuves techniques à l’appui qu’il ne s’agit pas du résultat d’une interception téléphonique classique.
L’on sachant, que l’enregistrement détenu par le juge n’est pas l’original et n’est pas également le résultat de l’interception d’une écoute téléphonique normale. En plus, aucune clarification n’a pu été obtenue quant à l’origine de cet enregistrement. Il est donc clair qu’il y a doute sur l’élément fondamental justifiant la rétention du Général de brigade Djibrill Bassolé. Dans ces conditions, le doute profitant à l’accusé et à sa défense, le Général doit être mis en liberté.
Par rapport au débat qui a fait rage dans les medias au sujet des communiqués de l’accusation et la défense de monsieur Bassolé, il serait préférable à notre avis de publier purement et simplement le rapport de l’expert Allemand. Car, vous conviendrez avec moi qu’il n’y a pas de secret à cacher dans cette affaire d’écoute, d’autant plus que l’enregistrement lui-même a été pris en public et continu d’exister sur le net alors qu’il était censé être détenu sous scellé donc secrètement par le juge d’instruction. D’ailleurs qu’on ne me parle surtout pas de secret d’instruction car il y a bien longtemps que ce secret, s’il y avait, a été violé par Théophile Kouamouo en mettant ces fameux enregistrements sur la place publique.
Je termine en partageant avec vous cette pensée de Montesquieu « une injustice faite à un seul est une menace faite à tous»».
Lassina KO
66 08 28 28
lassinakowelfare@gmail.com

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