Affaire sécurité islamique de Pouytenga : Sidwaya accusé de diffamation

Posted on by B-Demain

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou a connu ce jeudi 19 juillet 2018, le début du procès opposant l’Association islamique nachroul islam de Pouytenga (AINIP) au quotidien d’Etat Sidwaya.  

Ils sont au total quatre personnes appelées à comparaître devant le TGI de Ouaga ce 19 juillet du fait de la plainte de l’association islamique de Pouytenga. Il s’agit d’une part du quotidien Sidwaya, représenté par son directeur de publication, du journaliste Lassina Osée Ouédraogo, auteur de l’écrit, accusé de diffamation. Et d’autres part  de Jacques Yaméogo,  conseiller  municipal de la commune de Pouytenga et El adj Harouna Balima responsable de la grande mosquée de ladite localité, tous deux prévenus des faits de dénonciations calomnieuses suite aux contenus de leurs propos dans l’interview réalisée par le journaliste.

A peine le dossier ouvert, les avocats de Sidwaya ont soulevé deux problèmes relatifs à la compétence du tribunal et à la validité de la plainte.

En ce qui concerne la compétence du tribunal, les avocats du journal ont relevé que le TGI de Ouaga n’est pas compétent pour entendre les prévenus venus de Pouytenga (le conseiller municipal et le responsable de la grande mosquée de Pouytenga), mais plutôt le TGI de Koupéla qui est territorialement compétent.

Ils ont également évoqué la nullité de la plainte de l’association islamique. Pour les conseils de Sidwaya en l’occurrence maitre Alexandre Sandwidi, l’association Islamique ne s’étant pas conformée à la nouvelle loi 65-2015/CNT, sur la liberté d’association, elle devrait être dissoute comme le prévoit la loi et par conséquence son président n’a donc pas qualité pour agir.

A suivre les conseils de Sidwaya, le procès ne doit pas avoir lieu, au regard de ces irrégularités.

Mais ils ne seront pas entendus par le tribunal. Place donc aux débats dans le fond.

A maître Farama, avocat de l’association islamique d’exposer les faits qu’il qualifie de diffamation et de propos calomnieux. Il va extraire du journal les expressions telles « formation commando », « bras armée »… contenues dans l’écrit du journaliste pour étayer sa thèse.

A entendre Me Farama, il y avait manifestement dans les propos des personnes interviewées et celui du journaliste l’intention de calomnier et de diffamer l’association.  Puis, il révèle qu’on ne serait pas arrivé au procès si le journal avait accepté de publier le droit de réponse envoyé par le responsable de l’association.

Sur ce point, le directeur de publication de Sidwaya, fait savoir qu’un droit de réponse obéit à des règles et critères. Et que, si la réponse du responsable n’a pas été publiée c’est qu’il ne respectait pas les règles de droit de réponse. Il ajoute avoir pris le soin de téléphoner au responsable de l’association pour lui signifier cela.

Quand vient le tour des deux autres prévenus, c’est-à-dire ceux venus de Pouytenga, il fallait trouver un interprète, le tribunal n’en disposant pas. L’interprète désigné dans l’assistance sera vite contesté par le conseil de Sidwaya qui trouve que son interprétation n’est pas fidèle aux propos de son client.

Pour couper court aux propos approximatifs de l’interprète, le tribunal a décidé de suspendre le  procès en le renvoyant au jeudi prochain 26 juillet 2018. Le tribunal pense pouvoir trouver un interprète à cette date.

Joachim Batao                                                             

Burkina Demain

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