Energies renouvelables : Un potentiel d’emplois intéressant 73% des jeunes ruraux

Posted on by Grégoire Philippe Bazié

En prélude à leur troisième rencontre qui a lieu ce jeudi 23 mai à Ouagadougou ; les membres du groupe d’experts de la Coalition nationale pour la promotion des énergies renouvelables et de l’accès à l’énergie durable au Burkina Faso (CNPDER-BF), ont échangé sur les résultats provisoires d’une étude nationale sur les opportunités d’emplois en milieu rural dans le secteur des énergies renouvelables (ER) au Burkina. Etude commanditée par l’Organisation néerlandaise pour le développement (SNV) dans le cadre du Programme voix pour le changement  et réalisée par l’International Marketing Management Consulting Groupe (IMCG).

«Etude sur les opportunités d’emploi en milieu rural dans le secteur de l’énergie renouvelable». C’est l’intitulé exact de l’étude commanditée par l’Organisation néerlandaise pour le développement (SNV) dans le cadre du Programme voix pour le changement  et dont les résultats provisoires étaient au menu,  ce mercredi 22 mai 2019 à Ouagadougou, des échanges des membres du groupe d’experts de la Coalition nationale pour la promotion des énergies renouvelables et de l’accès à l’énergie durable au Burkina Faso (CNPDER-BF).

«Cette étude s’inscrit en droite ligne des autres études déjà menées et destinées à nous fournir des preuves», a indiqué d’entrée de jeu, Dieudonné Sanou, membre de du groupe d’experts de la CNPDER-BF et économiste-planificateur de l’OCADES Dédougou, organisatrice de la présente rencontre de restitution.

«Les résultats de cette étude devraient nous permettre de mener le plaidoyer auprès des populations et des décideurs pour un meilleur  accès aux services et équipements en énergies renouvelables de qualité»,  a renchéri Charle Didace Konseibo dans son mot d’ouverture de la rencontre. Sur ce, la parole a été donnée aux consultants pour livrer les résultats provisoires de l’étude.

Les cibles de cette étude ont concerné les acteurs de la chaine de valeurs des énergies renouvelables comme les institutions d’appui à la promotion de ces énergies, les acteurs de l’offre, les jeunes en milieu rural, etc.

L’échantillonnage a porté sur les acteurs de l’offre, les jeunes et la demande. Et de façon générale, le taux de retour est de 102,15%. A lire les principaux résultats de l’offre, il ressort que le gisement solaire du Burkina Faso est important avec un ensoleillement de 5.5 KWh/m²/jour.  A contrario, le potentiel éolien est faible et inégalement reparti avec une vitesse moyenne de 3,5 m/s.

«Existence d’un potentiel d’emplois stables»

Dans l’orientation politique sur les énergies renouvelables au Burkina, il y a une absence de document de politique nationale de promotion, si on en croit la présentation du consultant Bertrand Kima. Il a aussi ajouté que notre pays s’appuie sur les politiques sectorielles de l’énergie de la CEDEAO et de l’UEMOA. Toujours dans cette étude, il s’avère que des contraintes telles que les coûts élevés des équipements, la mauvaise qualité de la majorité des équipements importés et l’insuffisance des services relatifs à l’installation ont été relevées. En prolongement, on a également constaté l’absence de textes sur la professionnalisation des acteurs.

Parlant justement d’affaire, monsieur Kima a laissé entendre qu’il y a un grand intérêt de l’Etat à promouvoir les ER, une existence d’un potentiel d’emplois stables dans ces ER et même des opportunités dans la promotion de ces énergies en question, comme par exemple, la protection de l’environnement et de cadre de vie, la création d’emplois et la disponibilité de ressources énergétiques telle que le soleil.

73% de jeunes intéressés par les emplois

A toujours écouter Bertrand Kima, les emplois actuels dans le secteur des énergies renouvelables en milieu au Burkina Faso, restent  dominés par l’énergie solaire photovoltaïque, suivie des foyers améliorés. Par conséquent, poursuit-il, 73% de jeunes sont intéressés par ces emplois et prêts à travailler en milieu rural. A cet effet, les estimations en matière d’emplois s’élèvent à 4 500 auto-emplois, soit en moyenne un jeune auto-employé pour deux villages. Mais la question du financement et la qualification de la main d’œuvre restent un véritable casse-tête à ce niveau. Dans les recommandations, figurent la construction d’un dispositif d’offres de formation structurante en adéquation avec le marché du travail, le développement d’un partenariat public-privé en matière de promotion des ER par la construction de centrales solaires et la mise en place d’un technopôle en ER au Burkina.

Mais, les membres du groupe d’experts ont unanimement demandé l’approfondissement de ces recommandations, jugées vagues car, « elles n’ont pas été en lien avec les termes de références et l’objectif global de l’étude», a déclaré Charles Didace Konseibo, président de la CNPDER. «L’étude devrait permettre de savoir pour chaque type de  formation ou qualification reçues, les opportunités d’emplois correspondantes», a relevé pour sa part  Aboubacar Zoundi de la coopération autrichienne, souhaitant que les résultats de l’étude soient plus détaillés. Les consultants ont à leur niveau, accepté de reprendre cette partie pour pouvoir mettre en co-relation les recommandations avec les objectifs globaux et spécifiques de l’étude. «C’est ce qui va nous permettre d’avoir des outils de plaidoyer au niveau de la Coalition», a indiqué M. Konseibo. «Les résultats de cette étude et des précédentes doivent servir à quelque chose», ajoutera pour sa part M. Kaziendé, représentant de l’Organisation néerlandaise de développement (SNV),l’initiatrice de l’étude.

D’autres préoccupations soulevées

Le diagnostic révèle dans la généralité la nécessité de former des jeunes, certes. Mais,  quel parent serait-il  prêt à envoyer son enfant dans un centre de formation en énergie renouvelable ? L’autre vraie préoccupation, c’est de chercher  de savoir s’il y a assez de professeurs certifiés pour former ces jeunes ? Quelle prise en compte de la question ? Quelles opportunités d’emplois pour les populations riveraines des centrales solaires ?Ce sont là autant d’autres questions soulevées par des participants au cours des échanges, même si elles n’ont pas été prises en compte dans le cadre de la présente étude.

Outre les consultants chargés de l’étude, d’autres personnes ressources ont participé à la rencontre du groupe d’experts de la CNPDER-BF de ce mercredi 22 mai 2019. Ce jeudi 23, la rencontre réunira uniquement les membres statutaires du groupe d’experts de la Coalition.

Nicolas Bazié

Burkina Demain

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