UAS : «Le Burkina Faso va mal, sinon très mal »

Posted on by Grégoire Philippe Bazié

L’Union d’action syndicale (UAS) a fait le constat que depuis 2015, le Burkina Faso connait de sérieux problèmes notamment sur presque tous les plans. Ce qui explique sa remise en cause de la gestion du pays par le régime en place. Pour mettre l’opinion nationale et internationale au courant de ce qu’elle appelle «les imperfections » de la nation burkinabè, l’UAS a animé, ce lundi 8 juillet 2019 à Ouagadougou, un point de presse.

Les conférenciers face à la presse

C’est dans la matinée de ce 8 juillet 2019 à la Bourse du travail de Ouagadougou que l’UAS a tenu la conférence de presse portant dénonciation de certains faits par le pouvoir actuel. Il y a quelques temps maintenant que ce syndicat constate une remise en cause progressive et flagrante des libertés démocratiques et syndicales dans le pays.

Parmi les faits qui témoignent cette remise en cause, figurent les tentatives par deux fois d’adopter une loi antigrève, la sollicitation  d’un avis juridique émis par le conseil d’Etat et son utilisation pour déclarer des sit-in illégaux, les tentatives d’adoption d’une loi organique devant servir de base pour remettre en cause les droits et les acquis des travailleurs de la fonction publique, les attaques répétées contre le mouvement syndical et les travailleurs accompagnées de tentatives de les opposer aux populations et de les opposer entre eux, la recrudescence des attaques terroristes qui met à mal la sécurité des populations et des biens et l’assassinat dans des conditions assez troubles le 31 mai 2019 de deux militants de l’ODJ (Organisation démocratique de la jeunesse) alors qu’ils partaient rencontrer le Haut-commissaire de la région. Dépassé de la situation, le secrétaire général du Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS), Anatole Zongo va marteler que « le Burkina Faso va mal si non très mal ».

«Un tournant répressif amorcé»

Lorsqu’on analyse ces différents faits, on est droit de penser que c’est un tournant répressif qu’amorcent les autorités de notre pays, le Burkina Faso. Relativement aux préoccupations qu’elle a soumises auprès du gouvernement, l’Unité d’action syndicale a indiqué clairement que seule ou en accord avec d’autres organisations, elle engagera des luttes autour de ces préoccupations-là.

Et dans ce sens, elle va adresser une lettre circulaire à ses structures de base pour les appeler  à se mobiliser pour défendre les libertés démocratiques et syndicales, afin d’exiger la protection des citoyens et de leurs biens, la lumières sur les assassinats notamment ceux de Cissé Fahabou et de Balima Hama de l’ODJ et le châtiment des commanditaires et des exécutants et pour dénoncer et rejeter les exécutions sommaires et les règlements de compte sous le couvert de la lutte contre le terrorisme.

Grammaticalement bancal, cette question d’assassinats hante beaucoup l’esprit des Burkinabè. Est-ce à dire que ces jeunes ont été abattus à cause de la mauvaise foi du politique ?

En tout cas, c’est ce que l’UAS pense. Car pour elle, comment comprendre que des citoyens qui partent pour voir une autorité se retrouve morts après, et le gouvernement dans cette situation n’est même capable de faire une autopsie pour savoir concrètement ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Est-ce une complicité de la part du régime ? Mais quel type de message ces deux jeunes partaient livrer à l’autorité ? Il est très difficile, voire impossible de le savoir parce que les ‘’Tenga soadba’’ ou les ‘’grosses têtes’’ de ce pays ne sont pas prêtes pour faire du ‘’vêenem’’ ou de la lumière.

«Où rentrent les centaines de milliards ?»

Autre point aborder au cours de cette conférence de presse, c’est la question de la gestion des richesses nationales. On entend chaque jour que le Burkina Faso est producteurs d’or ou que le l’or est le premier produit exportateur du Burkina. Pourtant le Burkinabè ne bénéficie pas des capitaux que ses ressources engendrent. Or la constitution de 1991 stipule à son article 12 que « les richesses et les ressources naturelles appartiennent au peuple.

Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie». C’est pourquoi le porte-parole de l’UAS par ailleurs secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), en l’occurrence Bassolma Bazié, souhaite que le gouvernement fasse une conférence nationale pour dire exactement dans quel trou les centaines de milliards de francs CFA dont on entend parler tous les temps, rentrent.

Bref, il s’agit d’éclairer un tant soit peu les lanternes des citoyens sur la gestion des ressources et des richesses naturelles du pays.

Nicolas Bazié

Burkina Demain

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