A l’instar des autres pays, le Burkina Faso a commémoré ce 3 mai 2021 la Journée mondiale de la liberté de la presse (JMLP) placée sous le thème : «L’information comme bien public’’, pour souligner la contribution de l’information dans l’édification d’une société démocratique, au même titre que d’autres institutions républicaines vitales comme l’école, la sécurité. C’est un évènement annuel qui honore à plus d’un titre le Burkina Faso qui fait figure de meilleur pays francophone de la zone en matière de liberté de presse.
Seulement la célébration de ce rayonnement est quelque peu assombrie cette année par un certain nombre de zones d’ombre. Nous avons retenu principalement cinq.
Le défunt et célèbre journaliste burkinabè Norbert Zongo dont le Centre national de presse porte fièrement le nom, le disait si bien : «Le premier droit fondamental de l’homme, c’est le droit à la vie, bien en avant celle de la liberté de presse et d’expression».
Massacre de 30 personnes dans le Komandjari
Comment dans ce contexte, célébrer sereinement la Journée mondiale de la liberté dans le pays, si dans la même journée on apprend qu’une trentaine de personnes ont été massacrés à l’est du pays par des terroristes, notamment dans un village de Komandjari. Ils ont également fait une vingtaine de blessés au sein de la population et d’importants dégâts matériels.
Tuerie de 2 confrères espagnols à l’est
L’autre problème est que la célébration intervient quelques jours seulement après le rapatriement des dépouilles des trois européens dont deux confrères espagnols David Beriain et Roberto Fraile, ainsi que de l’Irlandais Rory Young, dans l’est du pays, suite à une attaque terroriste.
Décès du Pr Marie Frère Soleil
Pour sa contribution à la formation de nombreux acteurs médiatiques du Burkina, le Pr Marie Frère Soleil dont la mort est encore récente (19 mars 2021), a d’une manière ou d’une autre impacté la présente commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse au Burkina Faso.
Un vibrant hommage lui a d’ailleurs été rendu à cette occasion, avec notamment le baptême à son nom du concours du prix de la meilleure journaliste du Centre de presse Norbert Zongo. Son ombre a ainsi plané sur la commémoration de la JMLP.
Adama Ouédraogo dit Damiss toujours de détention
L’autre zone d’ombre de la commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse au Burkina, c’est aussi la détention à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) de notre confrère Adama Ouédraogo dit Damiss, malgré les nombreux appels à sa libération afin de lui permettre de se soigner convenablement, vu la maladie pernicieuse qui continue de le ronger depuis sa cellule.
Malgré l’inaction des autorités judiciaires vis-à-vis de son cas, les initiatives dans la société en sa faveur ne tarissent pas. Selon une source bien introduite, ses promotionnaires se préparent à rencontrer un certain nombre de personnalités afin de plaider pour sa libération.
Précarité économique des acteurs médiatiques
L’autre plaie du secteur de la presse au Burkina Faso, c’est notamment la question de la précarité économique des acteurs qui a aussi un impact négatif sur la liberté de la presse.
Elle est une réelle préoccupation pour les organisations professionnelles des médias qui ont de ce fait saisi la présente occasion de la célébration de la JMLP pour mener la réflexion dans le cadre d’un panel sur le thème de la viabilité des entreprises de presse.
Vivement que cela aboutisse à des solutions idoines à même de renforcer le rayonnement de la liberté de la presse de notre pays.
Martin Philippe
Burkina Demain