Ouaga : Des Koglwéogo à la recherche d’une bague mystérieuse perdue !

Posted on by B-Demain

Les koglwéogo sont devenus un trait caractéristique de la société burkinabè de ces dernières années.  Adulés par les uns pour leur réactivité, décriés et traités de tous les noms par les autres pour leurs exactions, ces groupes d’autodéfense sont devenus pourtant  incontournables dans bon nombre de localités, y compris Ouagadougou, où ils leur arrivent souvent, sur sollicitations des citoyens, d’opérer en pleine journée, au nez et à la barbe des forces républicaines. Deux faits récents illustrent parfaitement la situation.

Les Koglweogo sont devenus un trait caractéristique de la société burkinabè de ces dernières années

Auréolés par leur participation au forum national de sécurité en fin octobre dernier à Ouagadougou, les koglwéogo sont de plus en plus sollicités, même à Ouagadougou où les gens sont souvent prompts à les critiquer publiquement mais les sollicitent quand ils se retrouvent dans certaines situations.

C’est le cas par exemple de cette femme d’affaire qui est venue il y a quelques jours  garer une luxueuse voiture devant un restaurant de la capitale qu’elle fréquente. Seulement après son repas, elle constate qu’elle n’a plus sa bague au doigt. Pour elle, la bague a été volée dans le restaurant. Les serveurs et le responsable des lieux ne confirment pas ses soupçons. Sur ses entre-faits, elle menace ses vis-à-vis de faire appel aux Koglweogo. Le responsable du restaurant pense qu’elle plaisante. Mais, conscient des effets néfastes de cette éventualité, elle met la pression après le départ de la dame, sur ses employés pour qu’ils rendent l’objet recherché si c’est eux qui l’ont effectivement dérobé, alors qu’il est encore temps. Les employés sont restés  catégoriques : ils n’y sont pour rien.

Elle est de retour avec ses Koglweogo

Mais, il n’empêche, quelques heures après, notre dame est effectivement de retour avec des Kolgweogo. Ils passent rapidement à l’interrogatoire qui ne donne pas les résultats escomptés. Les employés réaffirment qu’ils n’y sont pour rien dans cette affaire de perte de bague. La méthode douce n’ayant abouti, les Kolgweogo ici en mission tentent de passer à une autre étape, la plus redoutée par les accusés. Ils menacent d’embarquer manu militari les personnes soupçonnées. Pour cela, ils avaient commencé à déballer leurs cordes pour attacher les personnes en question sur les motos afin de les ramener à leur quartier général.

Mais, là le responsable s’est farouchement opposé, clamant  l’innocence de ses employés. «Vous n’allez pas les embarquer alors qu’ils n’ont rien volé. On nous a dit que vous avez des méthodes pour retrouver des objets volés et ou des voleurs. Si la bague est ici comme vous le prétendez, retrouvez-là ! Allez-y ! Sinon personne ne partira avec vous ici ».

«Ah l’Afrique et ses mystère»

Face à l’intransigeance du responsable, nos amis Koglweogo ont capitulé  et sont repartis comme ils sont venus, au grand dam de la dame.

«Si la bague de cette richissime dame est vraiment perdue, c’est que ce ne devrait pas être une bague comme les autres. Certainement une bague mystérieuse, qui a disparu par enchantement parce qu’elle n’aurait pas respecté des interdits. Ah l’Afrique et ses mystères ! »,  commente un client.

L’autre fait qui illustre l’omniprésence des groupes d’autodéfense dans la vie s’est passé il y a quelques jours dans un quartier de Ouagadougou, 1200 Logements pour ne pas la nommer. Dans ce quartier en pleine centre de la capitale, des motos ont été volées la nuit dans un magasin.  Face à la situation, les propriétaires ont préféré faire appel aux Koglweogo qu’à la police ou à la gendarmerie. Conséquence : les éléments des groupes d’autodéfense ont également débarqué en pleine journée sur les lieux, usant des méthodes violentes qu’on leur connaît. Les accusés ont été  bastonnés au vu et au su de tout le monde et embarqués, pardon attachés manu militari direction QG des Koglweogo. Là-bas, ce sera une autre histoire, loin des regards indiscrets.

 

Christian Tas

Burkina Demain

  

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